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Prévoyance : à chaque âge ses garanties

24/01/2019 Expertise

Alors que la prévoyance individuelle a progressé de 9,6 % en 2017, les assurés attendent des conseils et des garanties personnalisés. Pour répondre à cette demande, les mutuelles et assureurs misent sur la segmentation de leurs offres et produits.

En 2017, les garanties des accidents de la vie (GAV), décès, perte totale et irréversible d’autonomie, incapacité et invalidité ont été les plus demandées en prévoyance individuelle (hors assurance emprunteur), selon une étude réalisée par l’institut d’études Arcane Research. Les contrats obsèques et dépendance sont également de plus en plus souscrits. Les besoins sont extrêmement variables selon l’âge, la situation personnelle et professionnelle, mais aussi la région. Pour y répondre, la segmentation de l’offre de produits et de services s’impose.

« Chez les salariés, les moins de 30 ans pensent surtout à s’assurer individuellement en cas de décès accidentel, tandis que les 31-50 ans privilégient les garanties décès toute cause et des accidents de la vie, observe Patrick Ratta, directeur du Développement de l’UNMI. À la cinquantaine, en plus du décès toute cause, les garanties obsèques et hospitalisation sont les plus demandées. Les gens attendent généralement d’avoir 65 ans et plus pour se poser la question de l’assurance dépendance. Quant aux travailleurs non-salariés, les nouveaux venus veulent avant tout des garanties lisibles, simples et peu coûteuses, qu’ils pourront ensuite faire évoluer au fil de leur évolution professionnelle et familiale. »

La segmentation plus que jamais nécessaire

Ces tendances générales sont renforcées par l’évolution de l’emploi ces dix dernières années. La difficulté d’accéder à un emploi stable pose des problèmes de couverture sociale aux jeunes de 16 à 29 ans. L’emploi salarié des 50-64 ans a crû de plus de 8 % entre 2007 et 2017 et avec lui le travail à temps partiel ou à durée limitée chez les séniors. Le recul de l’âge de la retraite prolonge les besoins de garanties incapacité-invalidité dans cette classe d’âge. Côté TNS, les limites de notre système de protection sociale fragilisent certains travailleurs. C’est le cas des micro-entrepreneurs toujours plus nombreux, notamment dans les secteurs du transport et du bâtiment.

Pour que ses membres puissent conseiller et garantir au mieux leurs adhérents, l’UNMI propose de les aider à segmenter leur offre de produits et de services. « Nous travaillons sur un fichier anonymisé de leur portefeuille, explique Patrick Ratta. La date de naissance, le sexe, la profession et le lieu de résidence des adhérents suffisent, dans un premier temps, pour cerner chaque profil d’adhérent, répondre au mieux à ses attentes et les anticiper. Cette segmentation est désormais indispensable pour faire évoluer l’offre globale santé-prévoyance et fidéliser les adhérents. »

Sources :

- Étude prévoyance individuelle 2017 Arcane Research
La protection sociale des jeunes de 16 à 29 ans - IGAS Rapport 2015
Insee Focus n°119 - Juillet 2018 
- Rapport sur la protection sociale des non salariés et son financement - Haut Conseil du financement de la protection sociale - 2016