Back to top

L’UNMI investit de manière durable et responsable

18/05/2020 Expertise

Dans le cadre de sa démarche RSE, l’UNMI a renforcé depuis deux ans sa politique d’Investissement Socialement Responsable (ISR). Celle-ci consiste à appliquer les principes du développement durable aux placements financiers. Décodage.

Comprendre le concept d’ISR

Selon la définition publiée en 2013 par l'Association française de la gestion financière (AFG) et le Forum pour l’investissement responsable (FIR), « l'ISR est un placement qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en finançant les entreprises et les entités publiques qui contribuent au développement durable quel que soit leur secteur d'activité ». Autrement dit, une politique ISR consiste à investir dans des entreprises qui prennent en compte, dans leur modèle de développement, des critères qui ne sont pas uniquement financiers mais liés à l’environnement, aux questions sociales et éthiques ainsi qu’à la gouvernance. Ce sont les fameux critères ESG (lire encadré INFO en +) qui s’appliquent à l’échelle internationale.

L’ISR revêt différentes formes selon les stratégies déployées par les investisseurs et sociétés de gestion. Ainsi, ils peuvent choisir d’investir dans des fonds socialement responsables (ou de développement durable) et/ou dans des fonds d’exclusion (appelés également « placements éthiques »). L’ISR peut également prendre la forme d’un engagement ou d’un activisme actionnarial, une option plus fréquemment choisie aux États-Unis qu’en Europe.
Afin de guider les investisseurs dans leurs choix de placements responsables et durables, un outil spécifique a été créé. Lancé le 18 novembre 2016 par le ministre de l’Économie et des Finances, le label ISR est le premier à avoir été institué en Europe. Attribué au terme d’un processus strict de labellisation mené par des organismes indépendants, il fait référence dans l’univers de la finance durable.

Une prise de conscience collective

Ces placements vertueux sont encore peu connus des épargnants français : selon une enquête réalisée en 2019 par IFOP, 61% des personnes interrogées déclarent n’avoir jamais entendu parler de l’ISR. En revanche, le concept est de plus en répandu dans les entreprises, notamment celles qui sont les plus avancées en matière de RSE. Ainsi, selon une étude réalisée par East and Partners pour HSBC en 2018, 61% des investisseurs et 48% des entreprises dans le monde ont mis en place une stratégie intégrant les critères ESG. Ce pourcentage atteint 85% parmi les investisseurs européens.

Des placements durables et… rentables !

La politique ISR de l’UNMI n’est pas récente. Lancée il y a plus de 5 ans sur quelques produits financiers, elle s’est renforcée depuis deux ans. « Notre objectif est de faire évoluer l’ensemble de notre portefeuille vers des fonds labellisés ISR ou répondant aux critères ESG. Nous rejoignons ainsi l’évolution actuelle qui va dans le sens d’une évolution des modèles économiques et industriels, avec une adaptation des pratiques des entreprises en matière de gestion durable des ressources au sens large », confirme Fabrice Ackermann, Directeur Administratif et Financier (DAF) à l’UNMI.

Au 2 décembre 2019, 321 fonds ont reçu le Label ISR, totalisant un encours de plus de 121 milliards d’euros gérés par 59 sociétés de gestion françaises et étrangères.

Mais la corrélation entre le risque et le rendement étant un principe fondamental d’un placement financier, investir de manière socialement responsable agit-il sur la performance financière ? En d’autres mots, ces placements durables sont-ils rentables ? « L’approche ISR consiste à maîtriser le risque de gestion dans les processus d’investissement et de sélection des titres en complétant notre démarche traditionnelle d’analyse financière par de nouvelles méthodes intégrant ces critères extra-financiers. C’est le principe d’optimisation de la performance, et plus largement du cercle vertueux de l’économie responsable. On considère qu’en raison de la volumétrie et de l’augmentation des flux, il y aura de la création de valeur. De fait, nous constatons aujourd’hui des performances identiques voire supérieures sur les placements réalisés », répond Fabrice Ackermann.

Une règle d’exclusion sectorielle

Il y a 2 ans, l’UNMI a mis en place une règle d’exclusion sectorielle qui définit 5 secteurs dans lesquels elle ne veut pas investir : sont ainsi exclues de la sélection des titres, les entreprises ayant un lien avec l’armement, le tabac, l’énergie nucléaire, la pétrochimie et l’agrochimie. « Chaque année, la politique financière est revue puis présentée et votée par le conseil d’administration. En termes de suivi et de reporting, nous avons instauré une note ESG sur l’ensemble de notre portefeuille qui est composé aujourd’hui à 70% de placements ISR, contre 15% il y a 3 ans. Notre objectif est d’atteindre les 90% à court terme », complète le DAF.
La loi sur la transition énergétique et pour la croissance verte du 17 août 2015 impose aux entreprises une exigence de reporting et de transparence dans leur communication financière.

Ainsi, l’UNMI doit présenter chaque année, dans son rapport de gestion voté en Assemblée générale, sa politique financière ISR ainsi qu’une analyse empreinte carbone de son portefeuille de placements.
En tant qu'investisseur institutionnel, entrer dans le cercle vertueux de l’économie responsable est un enjeu majeur pour l’UNMI. « Plus les investisseurs seront nombreux à entrer dans cette démarche, plus les entreprises joueront le jeu de répondre aux critères ESG », assure Fabrice Ackermann. C’est ce que l’on appelle l’effet d’entrainement…

L’INFO en +
En avril 2006, les Nations Unies ont adopté six Principes pour l’Investissement Responsable (PRI). Ils guident les investisseurs qui souhaitent intégrer des critères ESG dans la gestion de leurs portefeuilles d’investissement.
ESG pour :
Environnemental : impact de l’activité de l’entreprise sur l’environnement (gestion des déchets, émissions de gaz à effet de serre, consommations énergétiques, etc.).
Social : comportement de l’entreprise en matière sociale (prévention des accidents, formation du personnel, respect des droits humains et des droits des employés, chaîne de sous-traitance, dialogue social, etc.).
Gouvernance : manière dont les entreprises sont dirigées, administrées et contrôlées (indépendance du conseil d’administration, lutte contre la corruption, structure de gestion et présence d’un comité de vérification des comptes, etc.).

Sources :
Enquête IFOP pour Vigeo Eiris, l'agence internationale de recherche et services ESG (Environnement, Social et Gouvernance) et le FIR (Le Forum pour l'Investissement Responsable)
www.economie.gouv.fr

www.novethic.fr
www.afg.asso.fr
www.lelabelisr.fr