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Dépendance et assurance : des solutions en devenir selon Pierre Mayeur, Directeur Général de l'OCIRP

07/01/2020 Expertise

Partenaire de l’UNMI, l’OCIRP élargit son accompagnement aux aidants, véritable enjeu majeur de la protection sociale. Rencontre avec Pierre Mayeur, Directeur général de l’OCIRP.

Qu’est-ce que l’OCIRP et quelle est sa vocation ?

Pierre Mayeur : L’OCIRP est une union d’institutions de prévoyance. Elle a été créée pour apporter une réponse au veuvage précoce, le système de sécurité sociale n’ayant rien prévu pour les personnes perdant leur conjoint de manière prématurée. Ainsi, l’OCIRP propose des rentes d’essais, la rente conjoint et la rente éducation. C’est aujourd’hui notre activité principale même si, depuis quelques années, nous proposons également des contrats dépendance.

Les solutions assurantielles répondent-elles aux besoins exprimés par la population ?

P. M. : Aujourd’hui, les solutions assurantielles dépendance sont forcément un peu décevantes par rapport à l’ampleur de la question du financement de la perte d’autonomie. Cela s’explique pour plusieurs raisons. Depuis des années, nous attendons la grande réforme qui verra les pouvoirs publics prendre en charge le financement de la perte d’autonomie. Il y a donc déjà une forme d’attentisme de la part des Français qui sont concernés par le sujet.

De plus, les offres qui sont aujourd’hui proposées sont par définition des offres très hétérogènes. Elles ne sont pas forcément articulées avec le système public existant, et notamment avec l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA). Aujourd’hui, très concrètement, une personne peut ainsi bénéficier de l’APA et ne pas pouvoir bénéficier du contrat d’assurance dépendance auquel elle a souscrit. Il y a donc une articulation à définir et à construire entre l’assurance obligatoire et l’assurance complémentaire. C’est ce que l’OCIRP s’efforce de bâtir.

L’OCIRP élargit son accompagnement aux aidants. Pourquoi et de quelle manière ?

P. M. : Il nous a semblé extrêmement important de pouvoir proposer une garantie originale, qui n’est pas une garantie dépendance, en ce sens que vous n’allez pas cotiser pour votre éventuelle dépendance future. En tant que salarié, vous allez cotiser dans le cadre de l’entreprise pour toute une série de garanties alliant à la fois une garantie financière (compensation partielle, indemnisation partielle des jours que vous prenez en tant qu’aidant) et services (orientation, informations, aide à domicile, protection juridique).

C’est une garantie concrète et parfaitement adaptée aux entreprises et aux employeurs. Elle permet de cotiser dès à présent pour faire face à cette question émergente qui va prendre de plus en plus d’importance dans les années futures, celle des salariés aidants. Plus de 4 millions de salariés en France sont aujourd’hui des personnes aidantes. Et ce chiffre va croître davantage avec pour conséquence le développement du marché en collectif comme en individuel.

Quelles sont les évolutions et solutions pour demain ?

P. M. : Le marché de l’assurance dépendance pourra davantage se développer dès lors qu’il y aura une clarification de la part des pouvoirs publics sur le financement de la dépendance, Je pense qu’il est nécessaire de prévoir une charte de l’assurance dépendance, respectant un certain nombre de principes et permettant de répondre aux objections qui sont adressées par les pouvoirs publics à l’assurance dépendance.

La question des aidants, et plus particulièrement des salariés aidants, va devenir incontournable. Elle est d’ailleurs désormais inscrite dans le champ du dialogue social obligatoire. Les branches professionnelles vont être dans l’obligation de négocier sur ce point. Il faut donc être en mesure d’apporter des solutions et des réponses aux négociateurs de branches.

 

Assureur à vocation sociale, union d'organismes de prévoyance, l'OCIRP protège les salariés et leur famille, en cas de décès ou de perte d’autonomie. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.ocirp.fr